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Le week-end dernier, pour la première fois de son histoire, un parti conservateur britannique a élu à sa tête une femme ouvertement homo. «Un tournant dans la politique écossaise» selon une association

 
 Une lesbienne élue à la tête d’un parti conservateur… au premier abord, cela semble contradictoire. L’élection de Ruth Davidson, lesbienne affirmée de 32 ans, à la tête du parti conservateur écossais ressemble pourtant à un non-événement.

 
 
L’homosexualité n’est plus un obstacle
Plusieurs médias britanniques ont précisé dans leurs titres qu’une lesbienne a été élue à la tête des Tories écossais ce week-end. Quasiment tous indiquent son orientation sexuelle à un moment donné, mais aucun ne s’étend sur ce qui est pourtant une première. Les médias LGBT britanniques ont relayé l’information mais aucun ne manifeste de joie particulière. Au pays de la série lesbienne Lip Service, l’élection de Ruth Davidson est un événement politique classique.
 
Il est vrai que cela fait plusieurs années que les partis conservateurs (Tories) britanniques ne voient plus l’homosexualité comme un obstacle. Matthew Sephton, le président de LGBTory, l’antenne gay du parti conservateur, estime, par exemple, que «40% des membres du groupe conservateur de Reading sont gays ou lesbiennes». Durant la campagne, l’homosexualité de la candidate a été évoquée, mais elle n’a pas été attaquée. Ruth Davidson n’a pas non plus brandi les droits des personnes LGBT dans son programme
 
 
 «Nous nous réjouissons de cette élection»

 
Ancienne présentatrice de la BBC, la jeune femme n’est pas nouvelle sur la scène publique écossaise. Son homosexualité était connue depuis plusieurs années, c’est peut-être ce qui explique le non-événement que semble être son élection. Ce que les médias retiennent, c’est surtout son succès fulgurant en politique. Elue au parlement écossais en mai dernier, quelques mois lui ont suffi pour s’imposer au sein du parti conservateur.
Son orientation sexuelle n’a donc pas été un obstacle, et l’association Stonewall s’en félicite. «Nous nous réjouissons de l’élection d’une personne LGB à la tête d’un parti de gouvernement, et pensons que cela constitue un tournant dans la politique écossaise.»
 
La jeune femme adepte de kick boxing et officier de réserve dans l’armée de Terre a pourtant été élue parce qu’elle prônait la continuité. Elle a battu Murdo Fraser qui déplaisait avec son intention de remodeler le parti.
Malgré cela, Ruth Davidson se veut un esprit libre. Elle a déjà dit qu’elle ne plierait pas aux souhaits de Londres et de son Premier ministre conservateur: «Si David Cameron a besoin d’une tape sur l’épaule pour le rappeler à l’ordre, je suis la femme de la situation.»
 
Les deux pays refusent de modifier leur législation pour respecter les droits des homosexuels même si la Grande-Bretagne menace de couper son aide

 
 Après ceux d’Ouganda, c’est au tour des dirigeants de la Tanzanie et du Ghana de fulminer. Ils ne digèrent pas la menace du Premier ministre britannique David Cameron de couper l’aide aux pays ne respectant pas les droits des homosexuels(lire article).
«Accepter cette condition est quasiment impossible. Nous ne choisirons jamais cette option. Ils peuvent arrêter l’aide s’ils veulent», a lancé le 3 novembre, concernant le mariage des homos, le Dr Ali Mohammed Shein (photo), président de Zanzibar, l’archipel semi-autonome de la Tanzanie ayant voté en 2004 une loi criminalisant l’homosexualité.
 
 
 
«Valeurs morales»
«Notre position sur le sujet est très claire, a renchéri Bernard Membe, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale de la Tanzanie, pays d’Afrique de l’Est. Nos valeurs morales et notre culture prendront toujours le dessus même si nous restons pauvres. Nous comprenons le problème du parti conservateur de la Grande-Bretagne mais nous ne cèderont pas aux pressions.»
 
Le chef de la diplomatie a ajouté que l’attitude de la Grande-Bretagne risquait de diviser le Commonwealth, qui regroupe en majorité ses ex-colonies et où 41 des 54 membres disposent d’une législation homophobe. Il a en outre précisé que, cette année, il avait refusé l’accréditation d’un diplomate gay qu’un pays occidental souhaitait détacher.
 
 
Nations souveraines
«Moi, en tant que président, je n’initierai ou ne supporterai jamais une tentative de légaliser l’homosexualité au Ghana», a pour sa part déclaré le 2 novembre le président John Atta-Mills, soulignant que David Cameron n’avait pas à «dicter aux autres nations souveraines ce qu’elles devraient faire».
 
 
Dans un communiqué, huit associations ghanéennes appellent Londres à jouer la carte diplomatique et à soutenir les militants LGBT africains. Leur crainte: qu’un retrait de l’aide «augmente le niveau de stigmatisation, de violence et de discrimination envers les LGBT d’Afrique» et que les structures de santé gay-friendly révisent leur politique. Certaines de ces associations font partie de la cinquantaine d’organisations africaines qui ont récemment lancé un appel contre les menaces britanniques, qui créent «un risque réel de réaction violente contre les LGBTI» (lire article).
 
 
Communiqué de presse
Angers, vendredi 3 juin 2011
 
 La FÉDÉRATION LGBT leur adresse tous ses vœux de bonheur et exige que la France applique la résolution 1728 du Conseil de l’Europe en faveur des personnes transidentitaires et ouvre le mariage laïc et républicain à tous les couples
 
 
Pour la première fois en France, samedi 4 juin deux femmes vont s’unir à la mairie de Nancy.
 
La FÉDÉRATION LGBT a la joie d’annoncer ce mariage, unique à plus d’un titre, puisque Stéphanie, l’une des membres de notre Conseil d’administration, s’unira à Élise, sa compagne, à la mairie de Nancy, en présence de leurs familles et amis.
 
L’ensemble des membres du Conseil d’administration et les adhérents de la FÉDÉRATION LGBT adressent à Élise et à Stéphanie, nos deux amies, leurs félicitations et tous leurs vœux de bonheur.
 
La FÉDÉRATION LGBT est touchée du fait qu’il s’agisse d’un mariage d’amour et peut témoigner que cette union est basée sur un projet de vie commune et de construction humaine volontaire malgré les discriminations et interdits étatiques.
 
Être discriminée pour pouvoir se marier
Élise et Stéphanie vont donc se marier demain à Nancy alors même que le mariage n’est habituellement pas légal entre deux personnes de même sexe. Ce mariage de deux lesbiennes ne sera possible que parce que l’État refuse son changement d’état civil à Stéphanie, qui est une femme transgenre, puisqu’elle a refusé, en première instance et en appel, de se soumettre à l’exigence étatique de prouver sa stérilisation.
 
Avec ce mariage à Nancy, l’État se retrouve devant ses contradictions, refusant le changement d’état civil d’une femme transgenre, contraignant Stéphanie à se marier samedi sur la base de son état civil masculin actuel, alors qu’elle est une femme sociale reconnue par tous. Quoi que décide Stéphanie, la discrimination imposée par l’État est de toute façon son vécu.
 
C’est pour toutes ces raisons que la FÉDÉRATION LGBT note que ce mariage d’amour prend une dimension militante en raison des discriminations volontairement imposées aux futures épouses par l’État français, au mépris des plus élémentaires droits humains. Alors même qu’Élise, non concernée personnellement par la question transgenre, va devoir supporter ces discriminations et leurs conséquences quotidiennes.
 
Changement d’état civil libre et gratuit des personnes transidentitaires et ouverture du mariage aux couples de même sexe vont de pair
La FÉDÉRATION LGBT, qui connaît bien Élise et Stéphanie, partage à la fois leur bonheur mais aussi leur indignation de ce vécu discriminatoire au quotidien. La FÉDÉRATION LGBT rappelle d’ailleurs qu’elle est la première association nationale LGBT a s’être prononcée pour l’application par la France de la résolution 1728, votée le 29 avril 2010, par le Conseil de l’Europe.
 
Cette résolution 1728 stipule, en son alinéa 16.11.2, la garantie par les États membres, dans leur législation et leur pratique, du droit des personnes transgenres à obtenir « des documents officiels reflétant l’identité de genre choisie, sans obligation préalable de subir une stérilisation ou d’autres procédures médicales comme une opération de conversion sexuelle ou une thérapie hormonale ».
 
La FÉDÉRATION LGBT se réjouit que la France ait voté cette résolution à l’unanimité de ses représentants, et exige désormais que l’État français l’applique aux personnes transidentitaires, en cohérence avec son vote, en abandonnant une jurisprudence discriminatoire. En Europe cela est possible. L’Allemagne vient d’abandonner l’exigence de stérilisation, pourquoi pas la France ?
 
L’égalité des droits pour tous les citoyens, dont celui d’avoir des papiers d’identité en conformité avec son identité sociale, passe par ce changement d’état civil libre et gratuit pour les personnes transidentitaires ainsi que par l’ouverture du mariage, laïc et républicain, aux couples de même sexe.
 
La FÉDÉRATION LGBT vous invite à la conférence de presse qui aura lieu à Nancy, samedi 4 juin, à 15h, place de la Carrière (à proximité de la place Stanislas) au village associatif de de la Marche des Fiertés de Lorraine. Les organisateurs du Collectif LGBT Lorraine, Élise et Stéphanie s’y exprimeront.
 
 
 
Stéphane Corbin,
porte-parole de la Fédération LGBT
06 22 09 09 66
www.federation-lgbt.org
contact@federation-lgbt.org
Communiqué de presse
Angers, jeudi 26 mai 2011
 
 
 
 
 
Brigitte BARÈGES, députée UMP, amalgame homosexualité, zoophilie et polygamie
La FÉDÉRATION LGBT demande à Bernard ACCOYER l’application d’une peine disciplinaire à son encontre
 
 
 
Mercredi 25 mai, Brigitte BARÈGES, députée UMP du Tarn-et-Garonne, a tenu des propos homophobes et indignes d’une élue lors de la séance de la commission des Lois de l’Assemblée nationale.
 
A l’occasion de l’examen d’une proposition de loi PS prévoyant l’ouverture du mariage aux couples de même sexe, Brigitte BARÈGES a déclaré : « Et pourquoi pas des unions avec des animaux ou la polygamie ? » faisant un parallèle inacceptable entre homosexualité, zoophilie et polygamie, alors qu’il s’agissait d’une discussion en vue de l’égalité des droits pour les homosexuel(le)s, bi et trans.
 
L’histoire du pacs se répète
Les propos de Brigitte BARÈGES sont scandaleux et rappellent tristement ceux, tout aussi homophobes, tenus par les opposants du pacs lors des débats au Parlement, il y a plus de 10 ans. Faut-il s’en étonner de la part de Brigitte BARÈGES, députée-maire UMP de Montauban, qui appartient à la Droite Populaire où elle côtoie, entre autres, Christian VANNESTE, Jean-Paul GARRAUD, Bernard CARAYON ?
 
La FÉDÉRATION LGBT rejette la justification de Brigitte BARÈGES, qui a prétexté avoir usé du ton « de la plaisanterie », ajoutant « le cas échéant s’excuser auprès de ceux qu’ils auraient pu blesser car telle n’était pas mon intention ». Aucune plaisanterie ne saurait justifier une insulte à l’adresse des personnes homosexuelles. Si l’on ne veut blesser personne, on ne commet aucune confusion volontaire de ce genre.
 
Demande de sanction disciplinaire
Face à cet amalgame nauséabond, la FÉDÉRATION LGBT déplore l’absence de condamnation de Jean-Luc WARSMANN, président UMP de la commission des Lois, qui s’est juste contenté de suggérer le retrait des propos de la députée UMP du compte-rendu officiel. Se taire, c’est être complice de tels propos.
 
Prenant acte de l’immunité parlementaire de Brigitte BARÈGES, la FÉDÉRATION LGBT demande à Bernard ACCOYER, président de l’Assemblée nationale, l’application à son encontre d’une peine disciplinaire prévue au Règlement de l’Assemblée nationale. Il y a bien eu trouble à l’ordre, comme en témoigne le tollé dans les rangs des députés PS et la condamnation des propos de Brigitte BARÈGES par Franck Riester, député UMP, et de Jean-François Copé, secrétaire général de l’UMP. Les excuses de Brigitte BARÈGES n’effacent pas l’insulte prononcée qui a pour conséquence d’atteindre les homosexuel(le)s.
 
La FÉDÉRATION LGBT note que Brigitte BARÈGES ne peut avoir ignoré la portée de ses propos, étant elle-même avocate de formation et ayant été rapporteur du projet de loi sur les propos discriminatoires à caractère homophobe ou sexiste, à l’époque de la création de la Halde fin 2004.
 
L’absurdité du raisonnement de Brigitte BARÈGES
Comme à chaque fois en pareil cas, l’explication de Brigitte BARÈGES dénote encore plus son homophobie, bien qu’elle s’en défende. Pourtant, tout amalgame entre homosexualité, zoophilie et polygamie est homophobe car il est exprimé pour rabaisser les personnes homosexuelles, les rejeter au dernier rang de la société, les priver de droits égaux, comme par le passé des régimes fascistes l’ont déjà fait.
 
Brigitte BARÈGES a déclaré ensuite avoir voulu « poser la question de la pertinence d’adapter systématiquement la loi et les institutions à l’évolution des mœurs ». Et d’ajouter avoir « poursuivi son raisonnement par l’absurde en se demandant s’il faudrait aussi institutionnaliser un jour le mariage avec les animaux ».
Absurde est bien le qualificatif qui s’applique au raisonnement de Brigitte BARÈGES, bien que d’autres aient été plus parlants en pareille circonstance. Cette propension au raisonnement par l’absurdité de Brigitte BARÈGES, et de certains députés ayant fait de tels amalgames par le passé, dénote clairement la faiblesse de leur réflexion et de leurs arguments d’opposants.
 
La nécessaire adaptation des lois à l’évolution de la société
La FÉDÉRATION LGBT rappelle qu’il est plus que pertinent d’adapter les lois et les institutions à l’évolution, non pas des mœurs, qui renvoient à une sexualité mal digérée pour celles et ceux qui les évoquent, mais à l’aspiration légitime des citoyens à l’égalité. Brigitte BARÈGES devrait avoir appris qu’elle utilise le même raisonnement que ceux qui se sont opposés, en leur temps, au droit de vote des femmes, à l’égalité des femmes dans la société, encore loin d’être satisfaisante aujourd’hui. Et pourtant aujourd’hui, Brigitte BARÈGES jouit du droit de vote en tant que femme et peut être l’égale de ses collègues à l’Assemblée nationale, preuve que l’évolution de la société doit s’accompagner de celle des lois… à moins qu’elle n’estime devoir s’appliquer, à elle-même seulement, son propre raisonnement.
 
La FÉDÉRATION LGBT réfute catégoriquement l’argument de Brigitte BARÈGES selon lequel sa prise de position contre le sexisme dans l’affaire DSK et son travail parlementaire la disculpent de toute homophobie. La lutte contre le sexisme et l’homophobie sont un même combat contre la domination patriarcale. Brigitte BARÈGES ne peut pas dire blanc à l’Assemblée et noir en commission des Lois.
 
La FÉDÉRATION LGBT rappelle à Brigitte BARÈGES que les personnes lesbiennes, gays, bi et transidentitaires sont encore aujourd’hui des citoyen(ne)s de seconde zone, et que l’égalité des droits passe par l’ouverture du mariage laïc et républicain aux couples de même sexe, la reconnaissance de l’homoparentalité et la liberté du changement d’état civil des personnes trans en application de la résolution 1728 du Conseil de l’Europe.
 
A moins qu’en réalité, Brigitte BARÈGES, appartenant à la Droite populaire, n’aille chasser sur les terres du Front National en allant draguer des électeurs séduits par ces amalgames nauséabonds.
Afin d’en apporter la preuve contraire, la FÉDÉRATION LGBT invite donc Brigitte BARÈGES, et les d&eacu
te;putés toutes tendances politiques confondues, à soutenir cette proposition de loi d’ouverture du mariage pour les couples de même sexe discutée le 9 juin prochain à l’Assemblée nationale.
 
 
 
Stéphane Corbin,
porte-parole de la Fédération LGBT
06 22 09 09 66
www.federation-lgbt.org