La décision est aussi claire que l’impatience avec laquelle elle était attendue. L’Europride 2013, qui avait déjà été attribuée à la ville de Marseille sera organisée par la LGP Marseille. Et personne d’autre!
 
En apprenant le choix de Marseille comme ville organisatrice, contre Tel-Aviv, pour cet événement d’importance en 2013 (lire article), la première question que se sont posée les Marseillais était: «Mais quel organisateur?» La cité phocéenne, en 2010, était en effet empêtrée dans une guerre des associations qui venait d’entraîner une bizarrerie: deux gays prides la même année organisées par des structures concurrentes!
 
 
L’association qui délivre les labels «Europride», l’European Pride Organisers Association (EPOA), a donc dû arbitrer le conflit qui commençait à sérieusement faire courir à Marseille le risque de perdre son statut de ville organisatrice. Le 18 octobre, lors de son assemblée générale annuelle, elle a donc convoqué les deux parties – la «lesbian & gay parade» (LGP) Marseille et Tous&Go – à un «grand oral».
 
 
Lettre ouverte
Et c’est à l’unanimité que le conseil a voté pour la LGP Marseille. Afin de clarifier les choses sur le terrain, l’EPOA a publié une lettre ouverte en français et en anglais annonçant la signature du contrat avec la LGP Marseille: «La LGP Marseille est la licenciée officielle pour l’EuroPride 2013» (voir le PDF). Le document se charge en outre de mettre les points sur les I: «Il est aussi très clair que le Conseil de l’EPOA et ses membres n’ont pas l’intention de confier la licence de l’EuroPride à Tous&Go. Nous avons été informés que Tous&Go répandait des informations incorrectes au sujet de la licence de l’EuroPride.»
 
La situation clarifiée, la nouvelle équipe de la LGP Marseille – avec en tête Gilles Dumoulin et Suzanne Katchian, respectivement président et secrétaire générale de la LGP Marseille n’ont plus qu’à s’atteler à la tâche.
 
Dix jours de fête
Les organisateurs ont déjà obtenu le label de «Marseille 2013, capitale européenne de la culture» et le soutien des collectivités. «La tâche que l’ont doit accomplir est herculéenne, mais cette fois nous pourrons enfin la mener paisiblement», confient-ils. Un million de personnes pourraient venir pour les festivités, qui devraient inclure village associatif, concert géant et bien sûr une gigantesque marche. Le tout durant dix jours, du 10 au 20 juillet 2013. Ce qui marquera au passage la vingtième édition de l’Europride.
 
Cette année, l’Europride était à Rome, attirant dans la Ville éternelle des centaines de milliers de personnes et la bénédiction de Lady Gaga, qui y a tenu un mini-concert de soutien (lire notre article). En 2012, année des Jeux olympiques de Londres, la capitale britannique accueillant la «WorldPride», aucun label Europride n’est décerné afin de ne pas lui faire concurrence. Et après Marseille, c’est Oslo, en Norvège, qui vient d’être choisie pour accueillir l’événement en 2014.
 
MISE À JOUR 29/11: Tous&Go radié de la CIF
Lors de son assemblée générale le week-end dernier, la Coordination Interpride France (CIF), qui fédère les lesbian & gay prides et les Marches des fiertés LGBT, a décidé de radier l’association Tous&Go pour non-respect de sa charte éthique – plus précisément «une situation comptable qui inquiète la CIF», indique un communiqué de l’association. Tous&Go est par conséquent déchu du droit, octroyé par la société Sofiged sous réserve d’adhésion à la CIF, d’organiser une marche sous le nom de «gay pride».
Tous&Go, de son côté, dénonce «de graves dysfonctionnements au sein de la CIF» et dénonce le flou de la charte éthique de l’organisation, ainsi que les conditions de sa radiation. Et annonce qu’elle va porter plainte afin de demander que sa radiation soit invalidée.