Pour faire face à l’augmentation des agressions anti-homos, la capitale belge dégaine une nouvelle arme juridique: des amendes censées accélérer la réponse judiciaires aux insultes et violences.
 
Ces derniers mois, plusieurs agressions homophobes ont provoqué l’inquiétude dans le quartier gay bruxellois. Il y a trois semaines, cela a même failli mal tourner: un agresseur a été poignardé par un barman qui tentait de se protéger (lire article). Très médiatisé, cet acte de violence demandait une réaction politique.
 
Insultes verbales et violences physiques
Le bourgmestre de Bruxelles Freddy Thielemans vient donc d’annoncer que le système des amendes administratives sera étendu à partir du mois de mars prochain, Actuellement, toute une série d’actes inciviques (des graffitis aux crottes de chien laissées sur le trottoir) sont pénalisés de cette manière. Cela permet de réduire le sentiment d’impunité vu que la justice, débordée, ne poursuit plus les auteurs de ces faits. A l’avenir, les insultes verbales et les violences physiques mineures (par exemple une giffle) feront partie du champ d’application de ces amendes.
 
Un protocole d’accord sera signé avec le Parquet en janvier. Une fois le système mis en place, les plaignants devront d’abord déposer plainte à la police, qui dressera procès-verbal et transmettra le dossier à la Ville de Bruxelles. L’auteur des faits écopera d’une amende allant de 50 à 250 euros. En cas de récidive, ce montant sera alourdi. De plus, ces amendes sont cumulables, une insulte et une violence physique mineure constituant deux faits différents.
 
Renforcement de la présence policière
Ce plan d’action a été présenté aux associations et aux commerçants actifs dans le quartier gay lors d’une réunion de prévention. Le bourgmestre a rappelé que les policiers bénéficiaient maintenant d’une formation à l’accueil des victimes d’homophobie et qu’une importante campagne de prévention avait été menée en mai dernier pour inciter ces victimes à déposer plainte (lire article). Mais les acteurs de terrain réclament un renforcement de la présence policière dans le quartier. Six hommes supplémentaires patrouillent pourtant depuis le mois d’août, mais ils sont trop peu visibles. Le chef de corps de la police bruxelloise a proposé que le fonctionnement de ces patrouilles soit adapté, notamment au niveau des horaires, la plupart des incidents survenant en soirée ou durant la nuit.