Ici, on parle de l’actualité LGBTI+ militante !

Rencontres, communiqué de presse ou encore campagnes : vous trouverez toute l’information du terrain ;)

Visuel pour les voeux 2024 de la Fédération LGBTI+

Le Conseil d’Administration et les associations de la Fédération LGBTI+ vous souhaitent une belle année 2024.

Nous espérons qu’elle sera pleine de bonheur, de santé et d’épanouissement.

Le contexte social et politique nous donne tant de raisons d’aborder 2024 dans l’inquiétude. Cela ne rend que plus importante l’action des centres et associations LGBTI+ auprès de tous leurs publics. Cela nous encourage aussi à renforcer, encore, la solidarité entre tou·te·s.

Visuel pour les fêtes de fin d'année

La Fédération LGBTI+ vous souhaite des très joyeuses fêtes de fin d’année.

Pour de nombreuses personnes LGBTI+, cette période de l’année peut être difficile : isolement, membres de la famille LGBTI-phobes, précarité, éloignement avec son pays… Le Conseil d’Administration et les associations de la Fédération LGBTI+ ont une pensée particulière pour elles.

En cette Journée internationale des migrant·e·ss, la Fédération LGBTI rappelle son opposition au projet de loi Darmanin. Après la motion de rejet de l’Assemblée nationale, les sénateurs de la commission mixte paritaire cherchent à durcir ce texte.

Ce projet complique l’accueil et l’octroi du statut de réfugié·e, impactant les exilé·e·s LGBTI. Actuellement, la France expulse déjà des personnes LGBTI en situation de demande d’asile. Ce projet de loi aggravera encore leur situation.

La Fédération insiste sur l’importance du droit d’asile, un principe clé des droits humains selon la convention de Genève de 1951. Les LGBTI, souvent discriminé·e·s et maltraité·e·s, doivent pouvoir compter sur la France pour leur protection.

Aujourd’hui, nous appelons au retrait de ce texte, qui va à l’encontre des valeurs républicaines. Nous appelons également à une révision des procédures d’asile, adaptées aux besoins spécifiques des LGBTI.

La Fédération LGBTI+ reste engagée dans la défense de tous·tes les exilé·e·s et réfugié·e·s. Nous luttons pour un monde où chacun·e, indépendamment de son orientation sexuelle ou de son identité de genre, peut vivre en sécurité et avec dignité.

Vignette PPL Hussein Bourgi

Cet été 2024, le Sénateur Hussein Bourgi a déposé une proposition de loi portant réparation des personnes condamnées pour homosexualité entre 1942 et 1982. La Fédération LGBTI+ adresse ses plus vifs remerciements au sénateur Bourgi pour son travail qui répare une injustice ancienne. Elle condamne en revanche avec la plus grande fermeté la droite sénatoriale qui, vidant le texte de sa substance, a commis une faute politique.

Reconnaître et réparer

La proposition de loi s’inscrit dans la logique d’une juste reconnaissance et de réparation de l’homophobie d’Etat :  reconnaître la responsabilité de la République (article premier), combattre le négationnisme (article 2) et réparer par une indemnisation financière (articles 3 et 4). Une telle loi aurait incontestablement pour effet de solder un contentieux ancien de plus de 80 ans entre le mouvement LGBTI+ et la République.

La pénalisation du révisionnisme répond à l’exigence de reconnaître la déportation pour motif d’homosexualité, en affirmant un inséparable corollaire : condamner explicitement la négation de ce fait historique. Sur ce point, les Centres LGBTI+ participent depuis longtemps à la mémoire de toutes les personnes déportées, sans distinction.

Quant à la réparation, elle est un acte nécessaire. Jointe à la parole, elle lui donne réalité et joue un rôle symbolique décisif pour les personnes concernées.

Une loi vidée de sa substance

La droite sénatoriale a vidé la proposition de loi de sa substance, en faisant preuve d’une déconcertante mauvaise foi, par une argumentation tordue.

D’une part, elle a refusé de reconnaître la responsabilité de l’Etat du fait des actes homophobes commis par le régime de Vichy entre 1942 et 1945. C’est un affront, alors que le Conseil d’Etat a reconnu la responsabilité de la puissance publique du fait des crimes commis par Vichy à l’encontre des Juifs, par une décision remarquée du 16 février 2009. En amputant l’article premier, la droite sénatoriale marque un « deux poids, deux mesures » qui témoigne d’une conception singulière de la mémoire de la déportation et du régime de Vichy.

D’autre part, la droite sénatoriale a refusé d’indemniser les victimes de cette politique : « la reconnaissance oui, la réparation : non ! ». Elle prétextait que les Etats qui ont réhabilité les personnes condamnées pour homosexualité n’ont pas versé une indemnité financière, sauf trois pays (Allemagne, Espagne, Canada). La droite sénatoriale a bricolé un argument de circonstance : leur histoire « diffèrerait substantiellement de celle de la France ». Un argument sorti du chapeau pour justifier l’amputation du texte de ses articles 3 et 4.

Pourtant, il faut pourtant se souvenir qu’une loi du 23 février 2022 reconnaissait et indemnisait les harkis victimes des conséquences de la Révolution Algérienne. Le dispositif prévu par la proposition d’Hussein Bourgi s’inscrivait dans la même veine. La droite sénatoriale n’en a pas voulu, introduisant donc un double-standard entre deux crimes pourtant également condamnables.

Enfin, la droite sénatoriale s’est évertuée à amputer la proposition de son article 2, dont l’objectif était de faire entrer explicitement la contestation de la déportation pour motif d’homosexualité dans le champ du délit de négationnisme – institué par la loi Gayssot. Il a été retenu que l’adoption d’une telle disposition donnerait des armes à la défense dans le procès intenté par plusieurs associations LGBTI+ à Eric Zemmour. Une argumentation tordue, contestable et d’ailleurs contestée par les associations LGBTI.

Telle qu’elle a été votée en séance plénière, la proposition de loi reconnaît en partie et ne répare rien du tout. La Fédération LGBTI+ soutient la proposition de loi initiale d’Hussein Bourgi et appelle les députés à s’en saisir et à l’amender. Elle est prête à défendre son point de vue devant les parlementaires.

Instituée par l’OMS il y a 35 ans, la Journée mondiale de lutte contre le Sida est à la fois une journée d’hommage aux personnes vivant aujourd’hui avec le VIH et celles que le virus a emportées, ainsi qu’un moment de prévention et de sensibilisation sur l’épidémie.

Visuel pour la journée mondiale de lutte contre VIH-Sida 2023

L’Onusida estime à 1,3 million le nombre de nouvelles infections au VIH en 2022, portant le nombre de personnes vivant avec le VIH à 39 millions. Le VIH c’est aussi 630 000 décès en 2022. Au-delà de l’aspect crucial du dépistage, la question de l’accès aux traitements est centrale dans la lutte contre le VIH dans le monde.

En France, les données nationales 2022 sont encore en consolidation. On sait déjà que le dépistage est en hausse mais toujours pas revenu au niveau d’avant la crise sanitaire liée au Covid et que les délais entre les infections et leur diagnostic continuent d’être bien trop longs.

En France et dans le monde, les combats à mener face à cette pandémie sont donc encore nombreux. Cette année, l’OMS place la journée sous le mot d’ordre de confier « le leadership aux communautés ». Donner les moyens d’agir aux structures qui connaissent le mieux leurs communautés est un levier fort de démocratie sanitaire. En France cela concerne autant des collaborations régionales regroupant des acteurs divers autour des services de l’État que le soutien aux associations communautaires engagées dans la santé.

Les données épidémiologiques permettent de distinguer des populations prioritaires dans la lutte contre le VIH. Des approches communautaires et adaptées à la réalité des vies de ces publics est donc indispensables. En effet, les moteurs les plus forts de l’épidémie sont les difficultés d’accès à la santé, les discriminations et des conditions matérielles défavorables. Les fréquentes remises en question des aides de santé pour les personnes exilées ou précaires (telles que l’AME– Aide Médicale d’État) sont une hérésie en termes de santé publique. Lutter contre le VIH c’est aussi garantir un accès digne aux soins et à la prévention à tout le monde.

Les personnes LGBTI+ ont une histoire intime avec l’épidémie de VIH. Elles ont payé un tribut terriblement lourd par les nombreux décès qui ont décimé leurs communautés. Le 1er décembre est aussi une journée pour la mémoire des “années Sida” et leurs conséquences encore bien palpables dans les vies individuelles et collectives des personnes LGBTI+.

Aujourd’hui encore, les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes sont surreprésentés dans les diagnostics de nouvelles infections. L’homophobie, toujours bien présente, et les conséquences d’années de vie dans une société moins acceptante qu’aujourd’hui font les terreaux de l’épidémie. De même, face au VIH, les personnes transgenres sont vulnérabilisées par la précarité, les violences et le manque d’accès aux droits.

Dans les Centres et associations LGBTI+, les actions de prévention et de promotion de la santé sont donc toujours réfléchies dans un accompagnement global des personnes. Faire avancer les droits humains, lutter pour davantage de respect dans la société,  améliorer la santé mentale, aider à améliorer les conditions matérielles… tout cela lutte aussi contre l’épidémie de VIH.

Découvert en 1983, le virus du Sida pourrait maintenant être éradiqué. Nous disposons de tous les outils nécessaires : modes de dépistage variés, matériels et stratégie de réduction des risques, connaissances scientifiques et suivis épidémiologiques, militant·e·s et professionnel·le·s organisé·e·s. Le dernier levier nécessaire est la volonté politique, locale, nationale et internationale.

La fin de l’épidémie est à portée de main. Aux côtés de leurs partenaires, les centres et associations de la Fédération LGBTI+ resteront engagés tant qu’il le faudra.

La Journée mondiale du souvenir transgenre, TDoR (Transgender Day of Remembrance) en anglais, a lieu le 20 novembre, à l’initiative de militant·e·s transgenres du monde entier pour commémorer les victimes de la transphobie de l’année passée.

Pour les personnes transgenres et leurs allié·e·s, ce 20 novembre vient inscrire le même constat dramatique que les années passées : la transphobie continue de tuer. Une des conséquences de la transphobie est qu’il n’existe pas de recensement public des homicides transphobes dans le monde. Ce sont donc des associations qui se chargent de cette tâche. De nombreux territoires ne sont pas couverts par ce travail de comptabilisation, en l’absence d’organisation militante. Dans les pays où des associations sont présentes, le caractère transphobe des crimes n’est pas toujours reconnu. La transphobie n’existe pas souvent dans la législation ou bien elle est difficilement considérée par les forces de l’ordre ou la Justice du pays. De plus, des disparitions de personnes transgenres sont fréquentes à certains endroits du monde et cachent souvent des meurtres. Chaque année, les chiffres des victimes de la transphobie sont donc une fraction de la réalité.

Dans son rapport 2023, TGEU compte 320 homicides transphobes, dont 235 en Amérique latine et aux Caraïbes. L’écrasante majorité des victimes comptées étaient des femmes ou des personnes transféminines. La haine sexiste vient donc toujours aussi violemment se coupler à la transphobie.

Le racisme est lui aussi un moteur de la violence transphobe. 80% des victimes recensées étaient racisées. En Europe, les chiffres sont sans équivoque : 45% des homicides ont été commis sur des personnes exilées. Ces personnes ont payé de leur vie les discours et politiques xénophobes.

Une autre population durement touchée par la transphobie est celle des travailleur·se·s du sexe, (48% des victimes mondiales, 78% des victimes en Europe). La transphobie génère de la précarité et s’ajoute aux lois et réglementations réprimant le travail du sexe, telles qu’en France. Les personnes cumulent des facteurs de vulnérabilité les exposant à des situations dangereuses.

Cette année encore, quand les informations sont disponibles, les meurtres recensés se révèlent très brutaux. Ils sont souvent commis soit dans l’espace public, soit par des proches au domicile de la victime.

La journée du souvenir transgenre est aussi un moment pour pleurer les personnes qui ont mis fin à leur vie, usées de lutter pour exister dans un monde transphobe. Les discriminations et la violence ont des conséquences terribles sur la santé mentale et physique des personnes transgenres. Au sein des associations de la Fédération LGBTI+, le suicide de personnes transgenres, souvent très jeunes, est une réalité tristement connue de tou·te·s. Chaque année, nous disons au revoir à des ami·e·s, des amant·e·s, des bénévoles, des membres de notre famille, des collègues, des camarades de lutte. La transphobie n’est pas un débat théorique.

Les meurtres et suicides sont les marqueurs d’une pyramide de violences à la base très large et dont les discriminations, le rejet social et les difficultés d’accès à la santé font le terreau. En France, la législation sur le changement d’état civil contribue à rendre les vies des personnes transgenres plus difficiles. Lors des dernières Rencontres de la Fédération LGBTI+ à Lyon, la Ministre en charge de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations, Madame Bérangère Couillard, a annoncé que « les démarches pour changer de nom et de genre pourraient prochainement se faire en mairie et non plus auprès de la justice ». La Fédération LGBTI+ rappelle l’enjeu de cette évolution nécessaire de la loi. Il s’agit de protéger les personnes transgenres en leur permettant d’accéder à des papiers d’identité conformes à leur identité et respectant leur vie privée.

En France, avec une plus grande visibilité de la transidentité, les Centres LGBTI+ sont de plus en plus sollicités pour former et sensibiliser des professionnel·le·s dans de nombreux domaines d’activité, notamment dans la fonction publique. Les moyens dérisoires dont les associations disposent ne permettent pas de répondre à ces demandes dans de bonnes conditions. Lutter contre la transphobie nécessite des moyens humains, matériels et financiers, sous peine de ne pas pouvoir suivre les évolutions de la société.

Dans le même temps, la transphobie n’a jamais été aussi virulente et une grande place lui est laissée dans les médias. Le monde médical et les pouvoirs publics sont tentés par les discours haineux de nouveaux mouvements transphobes, affichant souvent une proximité nauséabonde avec des courants complotistes ou d’extrême-droite. Plutôt que de céder à des paniques morales créées de toute pièce, il est urgent de s’inquiéter de la réalité de la transphobie. Ce sont des vies qui sont en jeu.

En cette journée du souvenir transgenre, face aux violences, face à la haine, nos centres LGBTI+ et associations LGBTI+ sont mobilisés pour faire avancer le respect et les droits humaines des personnes transgenres.

La Fédération LGBTI+ a diffusé le 20 septembre un communiqué appelant à la vigilance contre les campagnes menées par l’extrême droite et les intégristes au sein des communautés éducatives, en particulier contre l’éducation sexuelle et la prévention des haines anti-LGBTI+. Sous l’œil attentif de la société civile, un colloque organisé par l’association « Parents Vigilants » au Sénat, le 4 novembre dernier, met en évidence les liens entre le parti politique « Reconquête » et des associations – prétendument apartisanes – qui s’opposent à l’égalité des droits, dans un contexte croissant de menaces pesant sur la sécurité des personnes.

L’affaire des tracts de Villeneuve d’Ascq

Il y a quelques jours, les associations LGBTI+ constataient avec stupeur la diffusion d’un tract transphobe dans les boîtes aux lettres des familles de Villeneuve d’Ascq. En réponse à Lille actu qui l’interrogeait sur ses activités, l’association SOS Éducation – prise la main dans sac – s’est hypocritement défendue de toute transphobie.

Si le site d’actualité régionale n’a pas su déjouer, il était pourtant facile de le mettre en évidence. En effet, sur son site internet, l’association nie l’existence de la transidentité comme fait non-pathologique (1ere position transphobe !), s’oppose farouchement à l’autodétermination des personnes transgenres (2ème position transphobe !) et se dresse ouvertement contre les ONG LGBTI+ qui luttent pour l’égalité des droits et le droit à l’autodétermination des personnes transgenres mineures comme majeures (3ème position transphobe !)

Par ailleurs, si cette association se défend de toute affiliation politique, il n’est guère plus difficile de confondre ce grotesque apolitisme de façade. Les liens de leur porte-parole Sophie Audugé avec l’extrême droite sont aujourd’hui démontrés. Ainsi, son nom figure noir sur blanc sur le programme du colloque organisé par « Parents Vigilants » au Sénat le 4 novembre dernier, pour traiter d’un prétendu « grand endoctrinement à l’école et à l’Université ».

Filiale de « Reconquête » dans les écoles et les établissements, « Parents Vigilants » était alors l’invitée de Stéphane Ravier. Le sénateur « Reconquête » des Bouches-du-Rhône lui a prêté les clés du Palais du Luxembourg le temps d’un après-midi. Pour apolitique qu’elle se présente, SOS Éducation a pourtant répondu à cette sulfureuse invitation, et à applaudir la conclusion de ce colloque par Marion Maréchal-Le Pen et par Eric Zemmour, partisan du Maréchal Pétain multi-condamné pour injures racistes et homophobes.

Le masque de la neutralité politique est donc tombé, laissant entrevoir les liens étroits – déjà bien identifiés – entre SOS Éducation, “Parents Vigilants” et le parti d’extrême droite Reconquête.

Une mobilisation citoyenne contre les violences !

Les élu·e·s ont enfin pris conscience de ce grave problème. Victor Burette, adjoint au maire de Villeneuve-d’Ascq à la démocratie participative a ainsi dénoncé l’opération de SOS Éducation auprès de ses administré·e·s et a procédé à un signalement au Procureur de la République (bien !).

Dans la foulée de la mise au jour du colloque organisé au Sénat, Benjamin Lucas (député NUPES des Yvelines) a demandé une commission d’enquête parlementaire à propos de « Parents Vigilants », qu’il a qualifiée de “milice zemmourienne des écoles” : une parole utile qui rappelle que cette organisation est désormais bien connue pour semer la terreur dans les écoles et les établissements.

Nous avons de bonnes raisons d’être, tout·e·s, très inquiète·s… D’autant que nous attendons toujours une parole rassurante de fermeté de la part des autorités, et des actes de protection à la hauteur de notre inquiétude. Ainsi, une semaine après l’abominable assassinat terroriste de Dominique Bernard, le syndicat majoritaire de l’enseignement public – SNES-FSU – s’est indigné par communiqué de la campagne de cyberharcèlement orchestrée par les mêmes “Parents Vigilants” contre Sophie Djingo, professeure de philosophie à Valenciennes… Sophie Vénétitay, secrétaire générale du syndicat, pointait, sur X, « une banalisation de leur parole, de leurs actes et même une forme d’institutionnalisation. Dans un silence officiel inquiétant. »

Si les enseignants revendiquent de pouvoir exercer leur métier en toute sécurité, nos associations refusent catégoriquement d’exposer leurs intervenant·es bénévoles à la menace constante de ces structures qui sèment la terreur dans les communautés éducatives. Combien de temps encore allons-nous devoir supporter ce climat pesant de menace et de violence à l’encontre des personnes LGBTI+ et de leurs allié·es ?

La Fédération LGBTI+ apporte son soutien plein et entier à Sophie Djingo, à tous les personnels de l’Éducation nationale menacés, à toutes les familles ciblées par les campagnes de désinformation et à tous les jeunes LGBTI+. Elle rappelle son attachement majoritaire à défendre le droit à l’autodétermination des personnes transgenres, majeures comme mineures, n’en déplaise à l’extrême droite et à ses affidé·es – qu’il s’agisse de leurs bras armés ou de leurs think-tanks.

Nous appelons les autorités ministérielles à ne témoigner d’aucune faiblesse face à ces groupuscules radicaux, minoritaires et violents, et à poursuivre leur politique d’ouverture et de lutte pour l’égalité, la non-violence et l’amélioration du climat scolaire.

Depuis plusieurs mois, une des associations de la Fédération LGBTI+, le Centre LGBTI+ de Lyon, et les membres de son Conseil d’Administration subissent des attaques répétées émanant tout autant d’opposant·e·s aux droits humains que de membres de la communauté LGBTI+ locale.

La Fédération LGBTI+ témoigne de tout son soutien à l’équipe du Centre de Lyon et salue son engagement et sa détermination pour l’avancée des droits de tou·te·s malgré ce contexte local hostile.

Les dernières Rencontres de la Fédération LGBTI+ s’y sont tenues fin août. Ce fut l’occasion pour les militant·e·s venu·e·s de toute la France d’apprécier le travail sérieux de l’équipe et son grand attachement aux valeurs de respect et d’inclusion.

Dans un climat d’augmentation des violences envers les personnes et mouvements LGBTI+ partout en France, que le Centre de Lyon soit pris pour cible par des extrémistes locaux n’est malheureusement pas une surprise. Lors de la saison des Marches des Fiertés LGBTI+, il n’est par exemple presqu’aucun événement qui n’ait eu à déplorer une agression ou une intimidation.

Cependant, les membres du bureau du Centre LGTI+ de Lyon subissent aussi des attaques abjectes venant de la communauté LGBTI+, très éloignées de débats de fond. La pluralité d’actions et de points de vue est toujours enrichissante dans la lutte. Il s’agit ici d’actes d’intimidation et de vengeance dirigés lâchement contre des personnes. La Fédération LGBTI+ ne peut que déplorer ces méthodes et encourage les militant·e·s dans leur démarche de dépôt de plainte à la suite de ces attaques.

Des actions du Centre LGBTI+ de Lyon et de ses partenaires ont fait l’objet d’actes de malveillance de la part d’autres structures. Sans s’immiscer dans le débat militant local, la Fédération LGBTI+ regrette que le dialogue et la voie de la coopération n’aient pas été choisis par ces structures. Nous avons un objectif commun de transformation de la société vers davantage de respect et de solidarité. Faire vivre ces valeurs commence dans notre communauté. Le désaccord sur les actions d’une association peut s’exprimer dans la critique et la pluralité des mobilisations. S’abaisser à choisir les violences est inacceptable.

La Fédération LGBTI+ se désole notamment qu’une association lyonnaise autrefois membre de notre Fédération et cheville ouvrière d’une fructueuse solidarité inter-associative nationale puisse aujourd’hui s’abaisser à de viles attaques sur une autre association LGBTI+.

Aux côtés des autres associations de la Fédération LGBTI+, le Centre LGBTI+ de Lyon continuera d’œuvrer pour toutes les personnes LGBTI+, de défendre les plus vulnérables et de promouvoir la solidarité.

En cette journée internationale de visibilité intersexe, la Fédération LGBTI+ exprime sa solidarité aux personnes et aux associations intersexes, ainsi qu’aux associations alliées de cette lutte. Nous les savons engagées dans un contexte défavorable à toute évolution législative et réglementaire concrète. La réforme est pourtant urgente, au regard des enjeux d’intégrité physique et de dignité humaine qu’elles soulèvent. Mais l’urgence se heurte hélas à l’indifférence coupable des pouvoirs publics que seule une mobilisation collective peut briser.

Lors de la publication du plan pour l’égalité (2023-2026), le gouvernement s’était engagé à “publier une circulaire d’application de la loi bioéthique rappelant l’objectif du législateur de mettre fin aux mutilations des personnes intersexes”. Il s’agissait de renverser la vapeur d’une loi bioéthique dont le Collectif Intersexe Activiste avait pointé les profondes insuffisances sur la question des personnes intersexes. Cette circulaire a été publiée en septembre dernier : mais elle ne change rien à un état du droit qui ne respecte toujours pas les droits fondamentaux des personnes intersexes.

Les ressorts institutionnels – médicaux et judiciaires – de l’intersexophobie d’État sont toujours debout : le refus de l’autodétermination des personnes et le maquillage juridique de mutilations en “soins médicaux”, notamment. En l’état actuel, le droit français ne garantit nullement l’intégrité physique et l’autodétermination des personnes intersexes. Il cautionne des actes qui, dans un tout autre contexte institutionnel, devraient être considérés comme relevant de la barbarie.

La Fédération LGBTI+ entend rappeler, en écho aux associations de personnes concernées et en réponse aux insuffisances du dernier plan, qu’une circulaire ne saurait mieux exprimer la volonté du législateur que le législateur lui-même. Nous formons le vœu d’une mobilisation du Parlement, groupes majoritaires et d’opposition, pour que la France applique les droits humains aux personnes intersexes.

Liens :

Vignette communiqué de presse football

Dans un entretien à l’hebdomadaire le Point, le 4 octobre dernier, Yohann Lemaire (président de l’association Foot ensemble) préconise de « faire la pédagogie » et pointe le caractère « contre-productif » des sanctions destinées à punir l’homophobie dans les stades de football. Il réitère ainsi des propos tenus sur France Info le 2 octobre dernier. Ce positionnement ne correspond ni à celui majoritaire du mouvement LGBTI+ de France, ni à celui de la Fédération LGBTI+. Au contraire, la Fédération LGBTI+ se reconnaît davantage dans celui de Rouge Directhttps://rougedirect.org/ : elle l’a fermement condamné comme irresponsable, aux côtés de l’association Bleus et Fiers.

Sanction et prévention… dans cet ordre !

Il faut cesser d’opposer prévention et sanctions. Quel que soit le contexte, les sanctions pénales ou disciplinaires ont toujours une vertu pédagogique imparable… Mais encore faut-il qu’elles soient appliquées. Or, comme l’ont rappelé les associations précitées : dans le football, elles ne le sont pas assez… voire pas du tout !

Si les sanctions ne suffisent pas à elles seules à résorber la gangrène de l’homophobie dans les stades, il existe aujourd’hui un consensus parmi les associations LGBTI+ de France : quel que soit le contexte, il faut sévir, clairement et sans état d’âme. Quand les joueurs, les groupes de supporters et les dirigeants des associations sportives auront compris les enjeux et les risques réels, alors – peut-être – se décideront-ils enfin à engager sérieusement le travail de prévention auprès de la communauté du football.

C’est d’ailleurs précisément ce qu’a exprimé, jeudi 24 septembre dernier, la ministre des Sports, Amélie Oudéra-Castéra. À la suite des saillies homophobes lors du match PSG-OM du dimanche précédent, la ministre a ainsi déclaré qu’il faudrait revoir « le protocole d’arrêt des matchs en cas de chants homophobes, en cas d’incitation à la haine ». Nous lui donnons le point !

L’homophobie ne souffre aucune justification !

Cependant, il faut également rappeler que l’homophobie n’est pas une opinion, qu’aucun prétendu « folklore » ne la justifie, et que ce n’est pas seulement une infraction aux règles du football. C’est avant tout un délit… Un arrêt de match est donc bien peu de choses au regard de ce qu’encourent, ou plutôt de ce que devraient encourir, les auteurs de chants sexistes et homophobes bien trop fréquents dans le soi-disant « monde du football ».

Nous constatons, pour notre part, que le « monde du football » n’est ni un monde à part, ni une zone de non-droit – pas davantage que les écoles ou les salles de cinéma. Hors du stade ou après un match, tout supporter homophobe redevient collègue de travail, camarade de lycée ou membre de sa propre famille : un homophobe avec le sentiment d’impunité en plus.

Les lois et les règlements doivent donc s’appliquer à tous les homophobes, avec ou sans maillot, dans les gradins, sur les terrains de jeu comme partout ailleurs sur le territoire !