Actualités fédérales · Communiqués de la Fédération LGBTI+

Suite à la vague d’agressions LGBTIphobes qui a frappé la France, la Fédération LGBTI+ et le Centre LGBT de Paris ont été reçus à l’Élysée par Emmanuel Macron aux côtés d’autres associations LGBT. Les Centres LGBTI+ déplorent une nouvelle vague de violences LGBTIphobes. La sécurité des personnes LGBTI+ et des locaux associatifs n’est plus assurée. Face à ce phénomène, il faut noter la prise de conscience de l’État et du Gouvernement, en espérant qu’il ne s’agisse pas là d’un effet d’annonce.

À court terme, même si le Président a clairement réaffirmé son intention de tenir ses engagements, le retard pris dans la mise en œuvre de la loi bioéthique – qui comprend la non-discrimination à la PMA et l’égalité juridique des familles et des enfants – est accueillie avec inquiétude et lassitude par la Fédération LGBTI+. Au-delà de l’urgence de mettre fin à cette discrimination, nous observons déjà la répétition du scénario de 2013 : tout retard apporté à la mise en œuvre de l’ouverture de la PMA pour tou·te·s ouvre en effet une fenêtre d’opportunité pour les groupuscules d’extrême droite, et au-delà pour les organisations homophobes. Ces groupes contribuent en effet à l’installation d’un dangereux climat LGBTIphobe en France. Si le Président a déclaré vouloir réprimer fermement le déchaînement des violences homophobes, lesbophobes et transphobes dans l’espace public (« Je ne laisserai pas faire », a-t-il déclaré), nous n’avons aucune garantie quant aux moyens effectifs d’en empêcher certaines dans le cadre légal qui est le nôtre.

Une attention supplémentaire devrait également être portée dans la lutte contre les intégrismes religieux, en particulier dans les territoires et les contextes sociaux marqués par une forte empreinte religieuse, et ce qu’il s’agisse des intégristes catholiques, évangéliques ou musulmans.

Par ailleurs, le lien entre discriminations légales et violences illégales est chaque jour plus évident : les premières encouragent les secondes. Sur ce point, le Président a exprimé ses propres positions : il y aura un débat parlementaire dans le cadre d’une commission réunissant des membres de l’Assemblée nationale et du Sénat, il dialoguera,  mais il ne reculera pas. Aussi convaincu de ses positions le Président de la République soit-il, nous lui avons rappelé les nôtres : la stratégie présidentielle nous met en danger car tout ajournement du débat encourage le camp LGBTIphobe.

À plus long terme, nous attendons des engagements pérennes de l’État et du Gouvernement et leur mise en œuvre concrète, notamment sur les plans financiers et techniques, et qui se déploie selon une stratégie cohérente d’action publique contre les LGBTIphobies, ancrée dans les territoires et dans toutes les directions : santé, éducation, justice, vie associative, culture, droit d’asile, etc.. La DILCRAH et le Défenseur des Droits ont, pour ce faire, démontré leur efficacité comme acteurs stratégiques. À ce titre, la France peut s’appuyer sur le réseau territorial des Centres LGBTI+ pour renforcer le maillage contre les LGBTIphobies. Solidement implantée dans les Régions, la Fédération LGBTI+ apportera son expérience de terrain.

Dans ce combat, les associations doivent être conscientes de l’enjeu crucial de la représentativité. Lors de cette réunion, les femmes et les personnes transgenres étaient trop peu nombreuses, les personnes intersexes ont été les grandes absentes, de même que les travailleur·se·s du sexe et les personnes racisées. Les associations LGBTI+ doivent renforcer la mixité de leurs équipes et de leurs délégations.

Les personnes LGBTI+ ne sauraient souffrir de nouveaux atermoiements : nos vies sont en jeu. Les postures et les grands discours ne suffiront pas et nous attendons clairement des actes forts, qui combinent des moyens renforcés de lutte contre les discriminations et la prompte réforme des éléments discriminatoires de notre législation nationale, en particulier l’accès à la PMA pour tou·te·s

Depuis 20 ans, le 20 novembre est le jour où la communauté internationale transgenre rend hommage à ses mort·e·s lors du TDoR, Transgender Day of Remembrance. Chaque année, partout dans le monde, la transphobie continue de tuer.

Il n’existe pas de recensement officiel des meurtres de personnes transgenres. Pour éviter que ces crimes ne soient oubliés dans le silence, les associations mènent un travail documentaire pour compter les victimes de la transphobie.

Malheureusement, pour chaque meurtre que les associations enregistrent, nous savons que tant et tant d’autres resteront inconnus car les associations ne couvrent que peu de régions du monde. Nombreuses sont aussi les personnes transgenres tuées qui ont dû cacher leur transidentité par peur pour leur sécurité et celles que la transphobie a isolées socialement.

369 homicides ont été recensés entre le 1er octobre 2017 et le 30 septembre 2018, soit plus d’un par jour. 2 homicides sont rapportés en France : celui de Flávia Luiza et celui de Vanessa Campos.

Parmi les victimes dont l’occupation professionnelle est connue, 62 % étaient travailleuses du sexe. Ne trouvant pas d’accueil et de respect dans la société, le travail du sexe est souvent la seule activité professionnelle possible pour les personnes transgenres.

Telles qu’en France, les lois de pénalisation du travail du sexe et les politiques répressives exposent les travailleur·se·s à de multiples violences. Les personnes sont obligées de travailler dans des endroits isolés, n’accèdent plus aux actions de prévention et manquent de poids pour négocier face à leurs clients.

La Fédération LGBTI+ exhorte à dépénaliser le travail du sexe afin de garantir de bonnes conditions de travail des personnes.

Cette année encore, nous nous indignons de voir que les personnes transgenres migrantes, racisées ou autochtones payent le plus lourd tribut, en Europe (65 %) et aux États-Unis (85 %). Le racisme ambiant et les politiques publiques xénophobes sont autant de facteurs de vulnérabilité aux violences.

La Fédération LGBTI+ demande une politique d’accueil et d’asile des personnes qui fuient des violences dans leur pays, notamment les personnes transgenres.

La difficulté d’accès aux traitements hormonaux ou aux chirurgies, le changement d’état civil toujours compliqué, la non prise en compte des personnes transgenres dans les politiques publiques, les discours transphobes non punis… sont autant de fautes de l’État qui fragilisent les personnes transgenres.

Le meurtre de Vanessa Campos est un triste exemple des conséquences des politiques publiques anti-migratoires et anti-travail du sexe. L’État a une vaste responsabilité dans les violences transphobes, ailleurs et en France.

Il y a urgence à agir pour que les vies des personnes transgenres ne soient plus en danger !

Depuis quelques jours, nous constatons que l’Île-de-France et les grandes métropoles sont le théâtre d’agressions LGBTIphobes d’une violence inouïe. En réaction à l’agression de Guillaume Mélanie (président d’Urgence Homophobie), des voix se lèvent désormais, jusqu’au sein du Gouvernement, pour déplorer la multiplication de ces actes révoltants.

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Mercredi 3 octobre, la commission des affaires sociales a adopté un amendement visant à mettre fin au traitement différencié des hommes homosexuels et bisexuels face au don du sang. La Fédération LGBTI+ appelle les parlementaires à entériner la fin de cette différence de traitement.

L’ouverture du don du sang aux personnes HSH (Hommes ayant ou ayant eu des rapports Sexuels avec d’autres Hommes) est un combat engagé de longue date par le mouvement LGBTI+. En usage depuis 1983, ce traitement différencié n’a en effet plus lieu d’être, notamment en raison des progrès considérables des techniques de dépistage (depuis 1985) et de prévention contre le VIH. 

Dans les circonstances actuelles, la Fédération LGBTI+ considère qu’il est temps de mettre fin aux différences de traitement : pour assurer la sécurité du système transfusionnel contre la transmission des IST, le médecin-préleveur doit prendre en considération les pratiques sexuelles et non l’appartenance, réelle ou supposée, des donneuses et des donneurs à une orientation sexuelle. Au-delà des dimensions scientifique, politique et juridique, une réflexion éthique sur le don du sang s’imposait.

C’est vers cette situation que se dirige aujourd’hui le système transfusionnel fondé sur la gratuité. En effet, l’amendement adopté mercredi dernier en séance par la commission des affaires sociales instaure l’égalité de traitement des usagers donneurs. Aussi politique soit cet amendement, il fait écho au plaidoyer des associations qui ont su démontrer que le traitement différencié n’apporte aucun surcroît de sécurité et que les arguments contraires ne reposent pas sur des bases scientifiques suffisamment solides.

Dans ces conditions, la Fédération LGBTI+ appelle les députés à adopter cet amendement en séance plénière le 11 octobre prochain. Nous appelons également le Ministère de la Santé Publique à adopter rapidement un nouvel arrêté concernant la sélection des donneurs, à adjoindre à cet arrêté une réflexion éthique sur la pratique de la sélection des donneurs par le médecin-préleveur et, enfin, à responsabiliser les donneuses et les donneurs sur leur pratique du don du sang.

Nous rappelons également qu’il incombe à l’Etat de renforcer ses dispositifs de dépistage en amont des opérations de don du sang.

Mardi 12 juin, le Tribunal de Grande Instance de Lyon a rendu sa décision concernant Fodé Moussa Camara, alias Moussa, demandeur d’asile homosexuel guinéen (et militant de AIDES à Nîmes) poursuivi pour avoir refusé d’embarquer dans l’avion qui le chassait du territoire français en mai dernier.

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La Fédération LGBTI+ exhorte les parlementaires à s’engager en faveur de la réforme de la PMA.

Suite aux promesses de campagne d’Emmanuel Macron et à l’avis favorable du CCNE le 27 juin dernier, les personnes souhaitant avoir recours à la Procréation Médicalement Assistée et le mouvement LGBTI sont pleinement engagé·e·s pour l’ouverture de la PMA à toutes et tous.

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Depuis 2005, la journée internationale de lutte contre l’homophobie et la transphobie (IDAHOT) se déroule tous les 17 mai, en référence au retrait de l’homosexualité de la liste des maladies mentales le 17 mai 1990. Les associations membres de la Fédération LGBTI+ s’engagent cette année encore pour la lutte contre les LGBTIphobies. Face aux réactionnaires et au gouvernement, la Fédération LGBTI+ défend un accès non-discriminatoire à la PMA et un droit d’asile réellement protecteur des minorités sexuelles.

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Les 10 et 11 février 2018, le Centre LGBTI de Lyon accueillait les 37es rencontres de la Fédération LGBTI+.

La Fédération LGBTI+ a organisé son Assemblée générale annuelle au Centre LGBTI de Lyon (sorti de terre il y a deux ans, et déjà impressionnant de réussite). À cette occasion, des délégations venues de tout le pays (Rennes, Marseille, Bordeaux, Nantes, Nancy, Saintes – La Rochelle, Laval…) se sont déplacées sur les terres de Gérard Collomb, ex-maire de la ville et actuel ministre de l’Intérieur. Pendant deux jours, ces délégations ont témoigné de la vivacité de notre Fédération, et de sa volonté de créer les conditions d’un mouvement LGBTI français unifié et combatif, à l’image des mouvements américains et britanniques.

Au cœur des débats : notre propre organisation bien sûr, mais également les thématiques portées par le secteur associatif LGBTI+. 

Les rapports présentés par le bureau ont été adoptés à l’unanimité. Le travail patient de structuration est suivi de près par nos associations membres. Les statuts de l’association ont été amendés pour aller à la fois vers plus de démocratie et d’efficacité et, surtout, une nouvelle dénomination (Fédération LGBTI+) a été adoptée à l’unanimité, actant l’intégration des revendications intersexes dans son objet. Les débats restent également ouverts sur les autres thématiques portées par la jeunesse queer de notre mouvement.

Cette année sera celle du combat pour l’égalité face à la Procréation Médicalement Assistée. Le gouvernement s’est engagé à intégrer ces débats dans le cadre des « États Généraux de la Bioéthique », sous la houlette du Comité Consultatif National d’Éthique. Ce choix est hautement discutable : certes, la PMA a pu soulever, lorsqu’elle en était à ses balbutiements, des questions d’éthique, une société ayant toujours besoin de débats collectifs afin d’évoluer. Mais ces débats-là sont derrière nous, la PMA étant acquise pour les couples hétérosexuels mariés depuis 2004. Aujourd’hui, c’est uniquement le principe d’égalité de traitement au sein des services de santé procréative qui est violé par la France. Un nouveau recours en justice a d’ailleurs été déposé en ce sens par Marie et Ewenn (voir le communiqué d’ADHEOS). 

Contre cette égalité des droits, les organisations homophobes bénéficient d’un soutien massif des Églises et de  l’État. C’est le cas, par exemple, de la « Fondation Jérôme Lejeune », fondation catholique anti-IVG qui bénéficie du statut de fondation d’utilité publique depuis 1996 (sous le gouvernement d’Alain Juppé), qu’elle met à profit pour combattre le droit à l’IVG et l’ouverture de la PMA aux célibataires et aux couples de même sexe. 

Dérogeant au principe de laïcité, le CCNE accueille par ailleurs en son  « comité plénier » des représentants des cultes qui – cela va hélas de soi – donnent raison aux intégristes pour freiner l’application du principe républicain d’égalité. Face à ce constat, les associations LGBTI s’organisent d’ores et déjà pour obtenir l’application du principe d’égalité des usagères et usagers du service public de la santé procréative.

Autre préoccupation d’importance: ce bateau-ivre du droit d’asile français, présenté par l’État comme un fondement de l’identité nationale, mais qui se traduit dans la pratique par une véritable loterie du droit d’asile. Rappelons qu’il y a au moins autant de personnes LGBTI parmi les demandeur·se·s d’asile que dans la population française (environ 10 %). Nombreux sont celles et ceux qui, ayant échappé à la mort dans leur pays d’origine, frappent à nos portes pour demander secours. Ces personnes trouvent en face d’elles de simples bénévoles qui font souvent un travail qui devrait être accompli ailleurs par des professionnel·le·s. Le projet de loi déposé mercredi 21 février dernier est totalement en décalage avec la réalité vécue au quotidien, celle d’un abattage administratif des demandes et d’erreurs graves qui mettent en péril le système.

Dans ce contexte hostile, les défis posés à nos associations sont nombreux. Nous devons souvent travailler contre l’indifférence coupable des pouvoirs publics. Il aura fallu batailler pour que les membres du gouvernement s’expriment sur les nombreux actes homophobes récemment rendus publics.

Les délégué·e·s ont également exprimé leur solidarité à NOSIG (Centre LGBTI de Nantes) dont la subvention a été annulée par une décision du Tribunal administratif de Nantes. (voir communiqué)

Alors que les adversaires de l’égalité bénéficient du soutien de l’État, la militance LGBTI doit s’organiser et se réarmer nationalement pour promouvoir le principe d’égalité et combattre l’intégrisme. Nous avons aussi tiré des conclusions de l’échec des États Généraux LGBTI organisés en 2014, aux débats passionnants mais sans débouché concret, en nous recentrant sur des objectifs nationaux en toute autonomie. 

L’équipe de direction s’est étoffée de deux nouveaux visages, jeune et femme, issus de la diversité LGBTI+ (voir infra) et met désormais en place des réseaux de compétence destinés à coordonner les ressources humaines du mouvement dans toute la France. Après un bon bilan, sur quatre années bien remplies, Stéphanie Nicot – qui a été la première femme et la première personne transgenre à présider notre Fédération – a souhaité passer la main de la présidence, tout en restant membre de l’équipe de direction. Cette fois, c’est la jeunesse qui a été portée à la présidence. C’est un signe de plus qu’à la Fédération LGBTI+, en interne comme dans toute la société, ce qui prime, c’est le collectif et l’intérêt général. 

DIRECTION DE LA FÉDÉRATION LGBTI+

  • Antonin Le Mée (CGLBT Rennes – Centre LGBTI), Président
  • Stéphanie Nicot (Association Nationale Transgenre), Vice-présidente
  • Jérémy Baudoin (Equinoxe · Centre LGBTI+ de Nancy), Secrétaire
  • Jean-Christophe Testu (Le Girofard, Bordeaux), Trésorier
  • Kévin Galet (Equinoxe · Centre LGBTI+ de Nancy), Porte-parole
  • Thomas Cepitelli (Polychromes, Nice), Administrateur
  • Sarah Saby (Collectif IDEM, Marseille), Administratrice
  • Yann Goudard (CGLBT Rennes – Centre LGBTI), Administrateur

À l’occasion de la journée internationale pour les droits des femmes, la Fédération LGBTI+ rappelle qu’elle promeut l’égalité entre femmes et hommes, ainsi que l’alliance du mouvement LGBTI avec la majorité inclusive des courants féministes.

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Partout en France, les associations membres de la Fédération LGBTI+ accompagnent des réfugié⋅e⋅s LGBTI qui demandent asile à la France. Ces personnes fuient les persécutions dans leur pays en raison de leur orientation sexuelle, leur identité de genre ou leur expression de genre. Victimes de persécutions dans leur pays d’origine (ostracisation, brimades, viols, meurtre de leur conjoint·e), elles fuient la mort qui les guettait à chaque instant.

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